Lundi 18 août 2008
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J'ai dévoré la Trilogie Millénium de Stieg Larson. Durant trois nuits, de minuit à cinq heures du matin je me suis délecté de ses trois tomes. Un moment de pur plaisir gustatif, si on voit le
policier comme un genre culinaire.
Le héros masculin, Mikaël Blomkvist, est un peu fade. On s'attend à ce qu'on va avoir sous la dent: quelque chose de traditionnel et rassurant, comme la dinde aux marrons, avec une
pincée de sel qui manque: un grand journaliste, amateur de jupons, défenseur de la veuve, de l'orphelin et des petits porteurs. Rien qui ne vienne froisser la morale suédoise, beaucoup plus
permissive que la notre, du moment que l'on est discret. Même sa relation avec une femme mariée, avec la bénédiction du mari laisse de marbre. Il est le chevalier blanc,toujours fidèle, toujours
droit dans la tempête, ses convistions chevillées au corps. C'est la remise en cause de ces dernières, d'une certaine vision de l'éthique journalistique qui donne de l'épaisseur à son
personnage dans le premier tome.
Mais pourquoi avoir fait un héros si pale, un met à la saveur de la purée mousseline? Mais voyons mon enfant, c'est pour que l'on apprécie mieux l'héroïne, la géniale Lisbeth Salander,
jeune fille quelque peu autiste, sans aucune concession , possédant un art tout particulier pour mettre le feu aux poudres et boulverser un décor trop convenu. C'est la touche de safran, la truffe,
le millésime exceptionnel , l'inattendu qui change le diner en festin. Oui, j'avoue, je suis tombée sous le charme de cet électron libre qui rend le plat si savoureux au milieu de la litanie
gastronomique qu'est le genre policier. Ces livres sont un régal. Le policier scandinave est dur. Celui là n'échappe pas à la règle, noir comme sa couverture. Il a quelque chose du champagne brut,
ou du chocolat à 85%. Normalement cela se déguste. Moi, j'ai englouti. Me reste plus qu'à saliver en imaginant ce que pourrait être l'hypothétique tome IV.