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Texte libre

Pourquoi un blog sur les livres? Parce que les mots me sont essentiels. que j'aimerais les partager un peu. Ce sont juste mes envies, quelques unes des remarques  venues en cours de lecture.... Les autres resteront à moi exclusivement. Du mal à parler de ce que l'on ressent. J'essaie, un peu....

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Dimanche 1 février 2009


...finissent mal, c'est bien connu. C'est ce qui arrive au narrateur de Lacrimosa (Régis Jauffret). Très bêtement la femme qu'il aime se suicide. L'aime-t-il d'ailleurs? C'est la question qui m' a turlupiné durant toute la lecture. D'ailleurs les larmes versées par ce pauvre homme ressemblent fort à des larmes de crocodile. Mon dieu que l'amour d'un homme peut être mesquin, et encore plus quand il s'agit d'un écrivain, persuadé que tout tourne autour de lui... On a envie de giffler la future trépassée, de la secouer, de lui expliquer qu'elle s'est trompée de numéro. Son Roméo ne la sortira pas de son cafard, bien au contraire. il se servira d'elle jusqu'au bout, et même au delà. Non, il ne l'aime pas, il n'aime que lui, lui, lui. Elle, au mieux, elle sera un livre.On a envie de lui prescrire une ordonnance à cette malheureuse: fuir les beaux parleurs, les poètes. S'enfuir loin, loin avec un mec tout simple. et commencer par rappeler ses vieilles copines, qui sont toujours de bon conseil, se prendre une belle cuite avec elles, et aller danser. Mais pas le rejoindre. Ca, surtout pas.
  C'est bien connu, une femme amoureuse n'écoute personne.... Et cela donne un livre tout en grisaille et en désenchantement, irritant à force de faux pleurs. Après ça? ouvrir sa fenêtre et laisser entrer le soleil..Ou écouter du Britney Spear.... et ne pas regarder les fleurs coupées...
- Publié dans : le jardin d'hiver
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Jeudi 18 septembre 2008
C'est un roman boulversant que j'ai lu entre Paris et Bordeaux. Il n' a tenu que la moitié du voyage, trop court. Mais quel voyage.... De ces errances qui vous donnent des frissons sur la peau ou des larmes aux yeux. Une promenade? Un exil. Un départ pour l'inconnu, avec ce qu'il a de douloureux et de définitif. Le chant du signe d'un monde. le début d'un autre. Et deux vies: l'une, vieille qui a tant de choses à transmettre, à dire pour que cela lui survive , l'autre, trop jeune pour tout comprendre, mais qui sait obscurément que le passé est inestimable. 
  Nous sommes en 1974 à Nice. Mais peu importe. Cette réalité là est si lointaine dès que se referment les portes du petit appartement où Sonia vit avec sa grand mère. Babouchka est âgée. Elle vient d'un autre temps, d'une autre classe. Celle des russes blancs, qui ont du fuir la révolution d'octobre.Elle vit dans son passé, obsédée par l'assassinat des Romanov. Elle consume ses derniers jours dans des lettres vaines à toutes les autorités politiques et culturelles de cette France dont elle parle si mal la langue: elle sait ce qui s'est passé cette nuit là, ce qu'il est advenu d'Anastasia...Mais dans cette France repue, en pleine période des Grandes Glorieuses, qui se soucie des divagations d'une vieille immigrée? Personne, sauf Sonia, sa petite fille, prête à tout pour que sa Babouchka trouve le repos de l'âme. Mais que peut-elle, gamine de treize ans, rejetée par une mère que l'instinct maternelle est loin d'étouffer, séparée d'un père indifférent à ce qui ne sert pas sa carrière? 
  La Promenade des Russes (Véronique Olmi) est admirable de nostalgie et de douceur. Cela se savoure, se boit de tous les pores, comme le chant de la balalaïka après la dernière gorgée de vodka. C'est le souvenir de la neige en plein juillet. Une sorte de miracle du passé, qui fait revenir à travers les lignes nos morts chers et l'héroïsme de l'enfance. 


   
- Publié dans : la chambre aux secrets
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Lundi 18 août 2008
 


 J'ai dévoré la Trilogie Millénium de Stieg Larson. Durant trois nuits, de minuit à cinq heures du matin je me suis délecté de ses trois tomes. Un moment de pur plaisir gustatif, si on voit le policier comme un genre culinaire.
   Le héros masculin, Mikaël Blomkvist, est un peu fade. On s'attend à ce qu'on va avoir sous la dent: quelque chose de traditionnel et rassurant, comme la dinde aux marrons, avec une pincée de sel qui manque: un grand journaliste, amateur de jupons, défenseur de la veuve, de l'orphelin et des petits porteurs. Rien qui ne vienne froisser la morale suédoise, beaucoup plus permissive que la notre, du moment que l'on est discret. Même sa relation avec une femme mariée, avec la bénédiction du mari laisse de marbre. Il est le chevalier blanc,toujours fidèle, toujours droit dans la tempête, ses convistions  chevillées au corps. C'est la remise en cause de ces dernières, d'une certaine vision de l'éthique journalistique qui donne de l'épaisseur à son personnage dans le premier tome. 
  Mais pourquoi avoir fait un héros si pale, un met à la saveur de la purée mousseline? Mais voyons mon enfant, c'est pour que l'on apprécie mieux l'héroïne, la géniale Lisbeth Salander, jeune fille quelque peu autiste, sans aucune concession , possédant un art tout particulier pour mettre le feu aux poudres et boulverser un décor trop convenu. C'est la touche de safran, la truffe, le  millésime exceptionnel , l'inattendu qui change le diner en festin. Oui, j'avoue, je suis tombée sous le charme de cet électron libre qui rend le plat si savoureux au milieu de la litanie gastronomique qu'est le genre policier. Ces livres sont un régal. Le policier scandinave est dur. Celui là n'échappe pas à la règle, noir comme sa couverture. Il a quelque chose du champagne brut, ou du chocolat à 85%. Normalement cela se déguste. Moi, j'ai englouti. Me reste plus qu'à saliver en imaginant  ce que pourrait être l'hypothétique tome IV. 
- Publié dans : la cuisine et ses odeurs de crimes
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